Extrait d’un post du forum Pattayafr.com (aujourd'hui disparu)
(publié avec l'accord de l'auteur)
Sujet : Prostitution ? Et alors...
Misère économique, affective et sexuelle...? Laissez moi tranquille !!!
Tapin or not tapin, that is the question... .
L’univers mondain en est truffé.... les bons comptes font les bonnes amies...
Un léger délire pour laisser entendre que la prostitution peut éradiquer la misère dans un pays et hausser l'importance de la femme au sein du foyer : les gens vivant grâce à la prostitution n'iraient plus au charbon pour des prunes, les patrons manqueraient donc de main d'oeuvre et seraient obligés de hausser les salaires et pendant ce temps la femme étant la source principale de revenu du foyer en prendrait logiquement la tête... Certes ce schéma n'est peut-être pas le meilleur en terme de vie sociale et de morale judéo-chrétienne (ne parlons même pas de l'Islam) ceci contribuant à la destruction de la cellule familiale, mais il a au moins le mérite de remettre en place les biens penseurs et autres hyènes féministes au service de l'ultra-libéral...
Le vieux dégoûtant bedonnant venant se délecter des charmes d'une jeune princesse siamoise est un enfoiré alors que les relations entretenues par Eddy Barclay et une bonne frange du milieu show-biz avec de la jeune prolo en quête de promotion sociale (les "inconnues de la semaine" de la revue Voici) sont perçues comme l'apogée de la branchitude... Le premier, dont le tort finalement est d'être humain (en plus d'être pauvre), part à la recherche de ce dont il a été privé en milieu dit civilisé, sachant que son pognon ne passera pas par intermédiaire. Un commerce finalement pas très équitable du point de vue d'une oligarchie arrogante cherchant à ponctionner de toutes parts le travailleur en laissant de coté le grand bourgeois...
Donc où commence et où s'arrête la prostitution.... Accepter un cadeau, un bijou ou un repas fait-il d'une femme une prostituée ?
On entend râler à tout bout de champs qu'il n'est vraiment pas gentil de profiter de la misère de ces pauvres filles exploitées... J'entends remettre les barres sur les T, les points sur les I et les pénis dans les postérieurs.
Ayant compris que le moyen le plus rapide d'accéder au train de vie véhiculé par Trace TV et autres, c'était d'utiliser ce qui fait d'elle une fille, la nymphe thaïlandaise ne se fait pas prier...
Le mâle dominant est le but inavoué de la femme occidentale... La domination physique d'une époque s'est transformée en domination économique... Et je parie que c'est le cas pour n'importe quel endroit "développé" de la planète, le développement n'étant rien d'autre que l'adhésion au cruel processus de l'exploitation par le libéral, mais bon c'est un autre débat...
La première fois en Thaïlande, on a tous connu un extrême, qui est soit le naïf pensant qu'il est devenu attirant et sexy à l'issu du trajet en avion (sûrement à cause du siège 22C, côté fenêtre), soit le blaireau qui croit qu'à l'intérieur des frontières de ce pays, tout ce qui est féminin se paye....
La Thaïlande, pourquoi en tombons nous amoureux ? Pour ma part, c'est le changement de caste qui m'a le plus atteint... En atterrissant dans le pays (par Bangkok est-il besoin de préciser sachant que l'atterrissage à Phuket entame sérieusement le budget nourriture du séjour), on grimpe certes quelques barreaux sur l'échelle du pouvoir d'achat, mais il s'en rajoute surtout en contrebas, des barreaux. Et en nombre assez important pour que des familles se retrouvent à engrainer les filles du foyer à se rendre dans les grandes villes et autres zones balnéaires taquiner le farang, fraîchement débarqué de son occident natal (pour la majorité), les poches gonflées par le fruit de quelques mois de labeur. Désormais, la vraie vie l'attend, certes pour un temps limité, mais elle l'attend quand même...
Passés les deux, trois premiers jours à dormir (décalage horaire oblige), vomir (rodage du foie, ce dernier n'étant pas très habitué à être autant sollicité) et se moucher (la clim du taxi ayant eu raison de sa fragile santé de farang), le voilà dans le bain...
Passés les deux, trois premiers mois à observer (mise à la page niveau mode et adoption de mœurs), étudier (la langue de Shakespeare ouvrant bien des portes) et sourire (en attendant de savoir comment communiquer avec le colon touristique), la voici sous la douche......dans cette chambre fraîchement louée par ce Français, coiffé à la Lucky Luke, débarquant de son Aquitaine natale (un peu de pub pour le site en perdition http://sanchobkkbynight.free.fr/cariboost1/ )....
Isabelle, n'en veux pas à ton compatriote d'être venu au pays du tourisme sexuel... En France, il est choisi. Ici, c'est lui qui choisit... Digne d'un clip de rap américain le séjour...Il faut que tu saches qu'aujourd'hui, beaucoup de choses font qu'un certain nombre de mâles choisissent de faire 12 heures d'avion et parfois plus, pour avoir l'occasion de s'accorder un statut autre que celui qu'ils ont dans leur pays situé dans ce qu'on appellera la zone chanceuse du globe....
Je comprends ton dégoût, je le respecte, mais ne le partage pas... Effectivement, cela fait un moment que je me suis ôté de la tête le fait que l'on pouvait vivre dans le monde des bisounours... Je regarde, j'assiste et je relativise...Et je pense que tout le monde fait de même...
C'est vrai, en règle générale, l'être humain pense d'abord à sa gueule, son confort et à sa sécurité (ainsi que celle de sa famille et de ses proches), avant de faire semblant de se préoccuper des autres...
Nos sociétés sont faites de paraître et il fait bon paraître le coeur sur la main et aimant envers les pauvres et les nécessiteux...
Mais serais-tu prête, Isabelle, à partager ton toit avec le clodo de ta rue ??
Quand il s'agit d'action, plus personne...
Comme j'aime à le dire, qui est le plus malheureux ? L'enfant qui ignore l'existence du chocolat ou celui à qui on en a fait goûter pour ensuite l'en priver... Je penche pour la deuxième option et dans ce cas, qui est l'horrible tortionnaire ? Pour moi c'est la personne qui lui a présenté la sucrerie qui du coup deviendra l'objet de toutes les convoitises du chérubin...
C'est exactement ce que font les élites occidentales avec le tiers monde par le biais du média...
Les autochtones se découvrent alors de nouveaux besoins (tel que la mode ou le coca), qu'ils ne réussissent à assouvir que par le fruit du travail, le plus généralement pour des compagnies occidentales.... Qui est le plus salaud ? Celui qui baise une pute pour 1000 bahts la nuit ou celui qui baise ses employés pour 10000 euros par mois ?
On est tous différent et chacune de nos psychologies est faite différemment... Quand on accepte un travail, on l'accepte en échange d'un salaire... C'est un compromis... Jusqu'où peut-on aller pour de l'argent ? Je prendrais comme exemple une récente émission de TV qui lançait des défis aux gens en échange d'une certaine somme (genre l’échange de rampe d'escalator pour 20 euros, prostitution quand tu nous tiens)...
Quand en Thaïlande, une fille décide de faire commerce de son corps, c'est pour obtenir un train de vie qu'elle n'aurait pas autrement... En Thaïlande, on ne crève pas de faim...
Non pas que je cherche à me déculpabiliser, car je ne me considère pas du tout coupable de quoi que ce soit, mais il faut essayer de voir la chose avec plus de recul... On est tous les putes de quelqu'un, d'un patron ou d'une marque de vêtement...
Qu'est-ce qui fait que le touriste sexuel fasse le déplacement... Peut-être parce qu'il ne correspond pas aux canons de beauté imposés par le système et ses revues spécialisées, ou peut-être qu'il ne veut pas faire l'effort d'y correspondre... Peut-être aussi qu'il en a marre de draguer ou simplement qu'il n'ose plus à la vue de ce qu'il croise chaque jour... Des filles tirant des gueules de top model car comme chacun sait, il est ringard de sourire... Ne nous voilons pas la face, la frustration est à son summum en occident, on est bien loin des plus belle la vie et autres conneries du genre faisant office de normalité.
Je suis humain et j'opte pour la facilité... Même si cela peut paraître cruel aux yeux de certains, je ne vois pas pourquoi je devrais me casser la tête à effectuer le périple de la tentative de serrage de meuf sur Paname, avec tout ce que cela engendre comme difficultés, alors que je sais que je peux acheter de l'affection là où l'occident a mis son grain de sel et semé la zizanie dans la culture locale dont la colonne vertébrale solidarité et humilité est plus que remise en question...
C'est peut-être vache mais après, chacun sa conscience avec ce qu'elle juge être faisable ou pas....
Je vois déjà la moue révoltée de certaines personnes à la lecture de ce texte (bon peut-être pas sur ce site)... OK... OK... Dans ce cas, enlevons nos baskets, t-shirts et autres textiles fabriqués pour moins d'1 euro la journée travaillée, cessons les vacances en club, quand on sait que les locaux sont rémunérés à peine 80 euros le mois, et surtout brûlons ce satané média par le biais duquel est apporté dans le tiers monde (et en France) le besoin futile, à la manière du crack dans certains quartiers outre-atlantique après quoi les sinistrés sont prêts à tout pour en avoir... Et là on sera sur la même longueur d'onde...
PS : Je ne suis pas trop Bangkok, mais je dois admettre que c'est plus glamour... et puis on peut faire croire à notre entourage que l'on n'est pas allé en Thaïlande uniquement pour le sexe, contrairement aux adeptes de Pattaya...
Abdelgeorge
