C'est beau une ville la nuit...



Le récit qui suit, extrait du forum " Pattaya4.fr" aujourd'hui disparu, nous relate ici le séjour à Pattaya en juin 2012 de l'auteur, qui nous narre ses aventures dans le monde des bars et des filles avec tellement de poésie et de sensibilité, que c'en est un régal !



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C'était il y a longtemps. Très longtemps même... ou hier peut-être. Je ne sais plus. Qu'importe après tout.
Je ne connaissais la Thaïlande que dans le regard des autres.
Terra Incognita, terre inconnue pour moi, imaginée, rêvée, mais jamais accostée. Des bribes d'images bricolées par l'imagination et depuis toujours l'envie de plonger dans le réel de : " ces récits captivants qui donnent la migraine, des récits de quatre pattes "(A.Bashung)

De tous les auteurs de chroniques, carnets de voyages, reportages filmés que j'avais pu lire ou visionner, c'est Guillebaud qui m'avait le plus marqué. J.C Guillebaud, grand reporter (Prix Albert Londres), spécialiste de l'Underground des villes les plus chaudes du monde : Caracas, quartiers du Bronx, Naples, Beyrouth, Karachi, Calcutta, Macao et un jour Bangkok et Pattaya. Ses phrases claquent et résonnent encore :

" Ici, pas besoin de flâner longtemps ! Les bicoques puantes de Klong Toey remplies de gosses affamés et de truands, les quartiers de Sawarat Road rendez-vous des trafiquants, tueurs appointés et correspondants du grand Lao-Su. Les usines pirates planquées sous de fausses raisons sociales où triment des esclaves de 13 ans vendus par leurs familles. Quoi encore?
A peine arrivé, on patauge déjà dans le sexe, le meurtre, la mort, l'arnaque et la corruption. C'est une Asie façon Lucien Bodard : racoleuse, décadente, pute jusqu'au bout des ongles laminés de ses danseuses de Ram Vong. C'est le Sanghai d'avant Mao, le Saïgon Cholon des temps faisandés et des partouzes du grand monde.
".

Une seule différence cette extrême Asie là, vénéneuse et fascinante, lubrique et visqueuse, on vous la livre désormais sous cellophane, désinfectée, aseptisée, spécialement préparée et conditionnée pour la consommation en masse des petits Farangs en vacances. Jet ski et Topless à Pattaya Paradise, le méga discount du coït. Ici c'est l'érotisme sans chichi ni fioritures, le commerce en gros, la braderie du frisson érotique" Des mots crus !

C'était donc ça, Pattaya, Luna Park géant, plus grand bordel du monde à ciel ouvert avec Angeles.
J'ai toujours aimé naviguer en eaux troubles, prendre les rues obliques, les chemins de traverse. Respirer les odeurs et les errances de la nuit. Je m'inscris en première année à l'université de la vie, à la Sorbonne, à l'académie des baiseurs de Putes ! Ça me convient. J'assume. Je prends mon billet. " J'ai mon contrat de confiance, l'encéphalo qu'il faut, j'ai du bol ". Le vol de nuit s'en va. Je pars.

Beaucoup, beaucoup de séjours plus tard, hier ou aujourd'hui qui peut savoir. Impression n'est pas raison est-il nécessaire de préciser. Je me décide à poster ce report très subjectif et partial de cette ville d'une autre galaxie.

J'aime cette ville comme au premier jour. Cette ville de bord de mer ou ce cimetière marin.
Si on draguait le fond, ce qu'on ramènerait serait souvent immonde. Les hommes aiment chercher leur bonheur en eaux troubles. Ils fonctionnent comme ça. Il y a des barques à la dérive, sans nom, sans port d'attache, ballottées par les courants, échouées sur les rives du hasard. Il y a aussi des soleils éblouissants, des ruches de miel et d'immenses champs de fleurs à butiner. Aller chercher au-delà des apparences.

J'aime cette ville. Ville aux miroirs et aux rêves éclatés. Cité reflet, vraie ville de cinéma que Fellini aurait fait sienne. A tout moment on s'attend à entendre "moteur", "coupez" on reprend la scène. Surréaliste !
Une ville qui chante à tue tête, une cité décibels.
Ici on se montre, ici on s'exhibe, ici on se lâche, ici on s'enivre de vie comme pour cacher l'essentiel.
Immense puzzle aux morceaux dispersés : de Soi Sawang Ta à Soi Chaiyapruck, de Soi Siam Country Club ou Soi Khao Talo à Beach Road ou Bali Hai.
Tout bouge, frénésie, mouvement perpétuel, à chacun sa pièce du puzzle. Paradis pour les uns, enfer pour les autres. Ou plutôt paradis dans l'enfer des autres. Surtout ne pas perdre la tête, à chacun sa latitude, son point de repère et chock dee.

Les tempêtes des quarantièmes rugissants ou le calme et la félicité d'un lagon. Les gangs-bangs de Mia Soi Khao Noi ou Thalassa sur TV5 Monde dans ton condo. Question de feeling. A toi de voir ami. Ici on s'adapte, tout est possible tout est réalisable. Tout n'étant au final qu'une histoire d'argent. Cette ville me fascine. Sa respiration est l'imprévu. Elle est tout sauf immobile. Elle n'est que cris et joies ou douleurs et larmes. Rires et musique comme les manèges illuminés des Noëls de notre enfance.

Seul le jour fait vieillir disait je ne sais plus qui. Je plonge dans l'éternelle jeunesse. Tourne pour moi manège.
Je descends lentement le Soi VC, le Taffi's Bar arbore fièrement les couleurs de Liverpool et sa devise : " you'll never walk alone ". Je ressors Soi Lucky Star. Je plonge au cœur de la ville, je plonge au coeur de la vie pour un voyage au bout de la nuit.

A l'entrée du Soi, accolé au Marine Plaza, le grand salon rose a été repeint en blanc. Je déteste. Mauvais choix, Mme la Boss. Les Farangs aiment bien le rose. Je pense à toi Mai... petite "coiffeuse", bonbon sucré, visage heureux perdu dans les brumes de la vie. Nostalgie.

Je park devant le Coyotte à Gogo, aujourd'hui fermé et arrive à hauteur du Marine... spécialités poissons... et additions faisandées. Je repense avec amusement à l'anecdote que m'avait racontée une belle du Peppermint. Un Farang leur avait donné la leçon. Elles étaient trois, (on invite aussi les copines), qui avaient ostensiblement forcé sur la commande de Sea food en se foutant gentiment de sa gueule. " Pai pipi " avait-il dit vers la fin du repas et avant l'addition... elles l'attendent encore. Les rôles sont parfois inversés. Ça rassure, il y avait une morale à l'histoire !

Plus loin à droite dans la grande salle, plusieurs tables de billards sont occupées par des filles qui appâtent, en jouant à merveille leur rôle de " différentes ". Prêtes à quelques ST. Argent vite gagné pour aller ensuite proposer leurs charmes en boîte. Le newbies qui les croisera alors, avalera la couleuvre de la " différente " dont il aurait été le " seul " client de la soirée.
Elles vendent leur corps, mais en même temps du rêve. Elles ne misent pas sur la crédulité, mais sur l'orgueil qui susurre à l'oreille qu'elle ne peut pas faire ça pour travailler !

Un groupe de rock envoie du bois dans l'indifférence générale. Pourtant le soliste assure. Les décibels sont au rendez-vous. Rock'n roll is not dead.

Une envie pressante d'aller couler un bronze. Petit passage sombre à gauche, je rentre dans les toilettes publiques qui jouxtent The Blues Factory. Il faut connaître. J'y ai frôlé la caca... strophe un soir de Tom Yam Kung trop chargé en piment, voulant frimer et montrer à la lady qui m'accompagnait que j'étais Khon Thai. Record du monde du débouclage de ceinture et de descente de pantalon et surtout un grand moment de solitude. A mettre au Guinness des records.

Toilettes à la Turque, confort plus que sommaire, rien n'a changé. Ça sent à la fois l'égout, la merde et l'urine chargée. L'odeur est suffocante, elle vous attire dans le cloaque.
Les yeux rivés sur le montant écaillé et délabré de la porte, j'ai le temps de philosopher. C'est fou ce qui vous vient à l'esprit dans ces moments là. La merde et la putréfaction sont les mêmes pour tout le monde. Finalement la merde est la seule chose universelle.
Louis-Ferdinand, tu peux dormir tranquille, tes mots sur " la chose " avaient une autre allure.

Rapide coup d'oeil au Lucky Star. Si ce n'est son exceptionnel emplacement le Lucky n'est plus ce qu'il était. Quatre thons sans age, tristes et désabusés, attendent sans beaucoup d'illusions les pécheurs qui voudraient bien les ferrer, ou peut-être en fin de nuit l'alcool obscurcissant le jugement, le pécheur cèdera-t-il à la dictature des couilles.
Deux clochardo tropicalibus sirotent résignés et indifférents. Dos à la rue, ils semblent avoir renoncé à voir et à comprendre. Leur esprit a baissé le rideau et mis la pancarte fermée pour cause de démission...
C'est plus prudent.
Je les imagine au Crazy Horse tournant le dos à la scène... Quel gâchis ! Je poursuis mon chemin.

Plus loin sous le Marine, ex star déchue, l'émotion forte est dans la rue. Rassemblement de badauds. Des cris, des encouragements de foule, des claquements, des bruits d'impacts très secs. La salle ouverte sur la rue est chaude et gronde. Deux thaïs athlétiques et ruisselants de sueur échangent des amabilités. Un corps à corps sans esquives. Le duo est jeté en pâture à la foule. Pas de round d'observation. On se rend coup pour coup. Personne ne voulant céder. Je suis frappé par la différence de poids entre les deux guerriers. Le short bleu s'effondre, plus épuisé que touché. Dans une heure ou demain soir il repartira au combat. Sans révolte. Sa routine.
Vous avez dit combat ou parodie?
Les filles vendent bien une parodie d'amour, elles.
Pouvoir connaître ce qui est au delà des apparences, inutile quête au royaume de Siam.

Au milieu de la rue le Performance a fermé. Dommage, j'aimais bien. Fermé, car sans doute étranglé par l'explosion des loyers dans ce triangle d'or. Les Sinos-Thaïs grands maîtres des lieux imposent leur dictat et en veulent toujours plus.
Des chippendales se déhanchent, pantins dérisoires. Boys Town tente une percée au royaume des Amazones. Encore un biz voué d'avance à l'échec.

Je me dirige vers l'entrée de la Street. Je m'engouffre dans le Soi White Rose. Petit stop au Smile Bar. La Boss est absente. Décidément, je ne m'y ferais jamais. Même entre thaïs, comment peut on confier le caisse de son biz sans être derrière pour superviser et disséquer telle une implacable caméra de vidéo, surveillance le moindre des gestes de la caissière. J'ai toujours beaucoup aimé ce bar. Turn over incessant, les filles y sont nombreuses comme d'habitude. Kat est là.
- Sabai dee mai ?
- Sabai dee.

Une bonne petite travailleuse Kat. Une technicienne avec ses trois trous accueillants. Une travailleuse de la terre, un corps en béton. De la Bio, ST de qualité, toujours dans la joie et l'humour. Talok est sa devise. Une petite soeur des coeurs pour les soirs de misère.
Je fais du social, elle à droit à son LD.
Il faudrait, avec l'accord de mon contrôleur, que je pense à remplir la case 7 UE de ma déclaration de revenus : rubrique dons aux personnes en difficulté... A chacun ses pauvres.

Je remarque une nouvelle debout près du comptoir au fond du bar. Très jeune, magnifique, un visage doux, jolie bouche, grande, mince, une liane. White skin comme j'aime. Une sorte de réserve, de timidité dans son attitude. Je ne l'avais encore jamais vue auparavant. Je la fixe. Elle sourit. Je ne pose pas de questions. A quoi bon. On va me dire qu'elle a passé la nuit dans le bus de Buriram ou de Khon Kaen, qu'elle est arrivée à 18H. Blablabla.

Kat avec toute sa malice voit le manège. Elle l'appelle. Elle s'approche. Ce n'est pas une fille. C'est un mec !
- Tu hésites, semble suggérer Kate. She smoke good more lady.
- Comment tu sais ça toi ?
- Et toi de quoi as tu peur ?

Elle pose naturellement sa main sur ma braguette. Déjà !
Je ne suis plus très à l'aise. Vingt minutes s'écoulent, une éternité et je tente une sortie honorable en faisant sans forcer le clown. Kat éclate de rire, pas mon katoey. Dans une autre vie ou une autre nuit peut-être. Qui sait. Je me libère de l'étreinte de mon ex future fiancée. Rires. Ici la gaîté est obligatoire. " Khon thai sanouk ". C'est comme ça !

Je sors du Soi white rose et retourne à la Street. Je suis happé, aspiré, avalé par Walking. La rue se remplit peu à peu. Je passe à hauteur du Loli Pop sans un regard pour les tapins Russes qui rabattent au pied des escaliers de l'ancien Polo. Plusieurs " " ladies Hello Hello ", thaïes cette fois, venues de la rue à la fleur de l'age, agitent leurs panneaux et me font du charme. L'île au trésor devait ressembler à ça. J'aimerai les croquer toutes un petit peu pour connaître le goût de ces Mangas. Menu dégustation. Je suis comme un enfant lâché, les yeux émerveillés dans les allées d'un magasin Toys R Us.

Les free lances, jeunes guerrières prêtes au combat avec sur le visage leurs peintures sont sur le sentier de la guerre. Souvent trop de noir, trop de rouge agressif, trop de make up. Comme disait l'autre, de la vraie salope d'élevage. Je préfère la Bio. Question de goût. Et vous ? La Tong, short jeans, petite jupette au raz de ses Haribos à la fraise, naturelle et saine, pulpeuse. Pas déguisée en démonstratrice Sephora ou Marrionnaud en day off.

Balloté par la foule dans ce monde de fées et de trolls, je croise en un éclair, dans les regards et les sourires, les appels de nombreuses possibles. Au passage des papillons me frôlent de leurs ailes. Mais rien ne presse. Elles se retournent coquettes et fières d'avoir senti un regard sur le bas de leurs reins. Ont-elles ressenti l'effet qu'elles me faisaient. Nos regards bien souvent nous trahissent. Quelques mots par habitude :
- Pai nai ?
- Pai tio.
- Pai due ?

Et toujours ponctués par des éclats de rires.
Certaines passent le regard dans le vide et poursuivent leur chemin. Elles n'ont même pas remarqué ma présence.
J'aime la rue. Ici pas besoin d'inventer une histoire, de repeindre la réalité. C'est direct on va à l'essentiel. C'est à vivre, pas à dire, à déguster, pas à écrire. Belle contradiction. Pourquoi éprouver alors le besoin d'en parler. L'envie de donner envie... bienvenue au club, my friend.

Je croise une demoiselle, elle est jolie. Elle marche seule. C'est assez rare. Les papillons thaïs ne savent pas vivre seuls. Je lui souris, un sourire de Farang un peu imbécile mais sincère. Elle ne chasse pas semble-t-il ou revient d'un ST. Qui sait ? Je lis dans son regard qu'elle décline gentiment l'invitation, sans agressivité, " Kap ban " me dit elle, j'en doute.
Dommage mademoiselle, tu étais à croquer. Demain...

Chez l'Italien, sur la terrasse, telle une vigie, D est fidèle à son poste et à ses expressos. Rien ne lui échappe. Sa nuit commence toujours par les mêmes rituels et se terminera comme toujours vers 5h du matin à l'Insomnia, sa tanière. Je m'assois avec lui.
On se prend la tête avec des échanges sur les mérites comparés des thèses d'Heidegger et Neitzsche sur le questionnement de l'être et la passion du vouloir vivre...
Soyons sérieux, des snipers intellos, version prise de tête ? La discussion est plus terre à terre, plus basic... un verre à la main, nous parlons bien naturellement de filles et de quatre pattes. C'est plus notre niveau. Il tient à raconter sa fin de nuit précédente et me fait admirer les photos de son dernier butin. Finalement c'est un clin d'oeil à Neitzsche, nous avons inversé les mots, c'est le vouloir vivre avec passion. La beauté de la vie est là. Une sacrée santé mon D... et surtout un sacré coeur en or. Tu peux partir au combat tranquille avec lui. Pas la peine de te retourner, il sera derrière toi. Il me donne des nouvelles de G que je ne vois plus en ce moment. Malade ? Non en pleine forme. G notre Indiana Jones du sexe : Madagascar, Manille, Angeles, Boca Chica... Pattaya, a fini par déposer les armes, terrassé, maqué, tenu en laisse par une Manga de 24 ans. Une turbo parait-il, mais tout de même. Surprenant ! Son logiciel a dû bugger. L'homme loup avait un coeur d'artichaut. Ce pays rend fou. Méfiance !

Du monde au Honey. Je décide de m'y poser. Je connais très bien Jum la mamasan. Un monument de vice et de savoir faire. Elle me fait la fête.

Sur les tabourets à coté de moi, coudes appuyés sur le comptoir, un tatoué sirote son verre et semble surpris par ce traitement de faveur. Il a le regard légèrement halluciné. Elle explique que je suis de sa famille. Il sourit.
C'est un peu vrai après tout. J'ai fais pas mal de méditations corporelles avec Nam, sa petite protégée et cousine. Nous avons revisité ensemble le Kamasoutra pour une remise à niveau. Elle avait des dispositions certaines pour emboîter son Yin dans mon Yang. Souvenirs heureux.
Du temps que je volais à son Sponsor. Les situations étaient parfois cocasses et... dangereuses. Ce sont des choses qui ne se font pas, j'en demande pardon à Bouddha. Il faut toujours respecter la propriété d'autrui. Mais cela a-t- il un sens ici. (je raconterais en détail un jour ).
Le Sponsor en question n'avait aucune passion pour les moissonneuses batteuses et ne postait pas avec un pseudo à 3 e... faut il préciser !

Histoire de famille. Jum avait fait venir la petite à Pattaya à dix-neuf ans. Elle n'arrivait pas seule, mais avec son hymen et ses envies d'ailleurs. Des rizières de Nong Kai aux lumières de la grande ville.

Le Boss d'un gogo du Soi 15 tout proche, (le Beach club ? mais je n'en suis plus trop sûr), ce Boss était friand de virginité et avait ses réseaux et ses rabatteurs.
S'il te plait Rahan, pas de censure, j'ai pas dit le Sakura (lol).
Le Deal fut fixé à 25.000 Bahts à l'époque. A parts égales entre la tante et la cousine... Pi et Nong. Sauf que les bahts de Nam s'envolèrent au fin fond d'une rizière du coté de la frontière Lao, chez sa mère. Son premier salaire, le prix de l'innocence.

Peanuts pour un blasé cynique que ces prises de ventres dans la douleur excitaient. Le monde de la nuit est impitoyable, la nuit est broyeuse de vie. Sentiment de puissance à souffler sur la beauté, humilier l'innocence, jouissance à profaner la virginité. Aucun intérêt. Je préfère les initiées genre Katsoumi. Si on draguait le fond, ce qu'on ramènerait serait parfois immonde.
Nam éprouvait le besoin d'en parler, comme d'une histoire " douloureuse ". Mais les mots aussi sont douloureux. Confidences sur ses dix-neuf ans, pour expliquer ensuite des étoiles dans les yeux, que son deuxième Farang l'avait fait naître au plaisir. Plaisir parfois, souffrance souvent.

Le destin qui veillait avait pour elle d'autres projets que The Sea A Gogo. D'autres projets du coté de Liverpool ceux là (où elle était très fière de ne plus avoir à travailler).
" Bye bye Honey, bye bye the Sea à gogo, bye bye Nam. ". Quand on renaît, il ne faut rien garder de l'autre vie. Je suis sûr, que tu rends ton mari sponsor heureux . (c'était le quart d'heure émotion, sortez les mouchoirs ).

Mais je m'égare revenons à Jum. Elle me fait remarquer avec un air de gourmandise entendue, une nouvelle. Merci ma grande, je l'avais tout de suite repérée.
Elle est pulpeuse, peau claire, hanches bien formées, fesses rebondies et surtout une taille de guêpe qui contraste avec ses formes pleines. Elle est sculpturale. Et elle en joue la garce ! Elle connaît les points forts des attributs dont dame nature l'a dotée et les met en valeurs.
Elle a noué une chemise rose sur la base de ses seins, ce qui dénude tout son bas ventre. Pas de tatoo. Un percing brillant au nombril. Regarde Farang, un ventre plat, pas profané par une césarienne, pas lézardé par les vergetures d'une grossesse tyrannique.
Perchée sur ses hauts talons, tout en sexe, elle est sculpturale malgré une taille moyenne. Elle a du chien. Cette fille c'est de la dynamite. Elle boit un LD avec un client, mais me voyant discuter avec Jum, elle répond à mon sourire. Je dis à Jum de l'appeler. Deux salades, trois blabla elle retourne à son client. Seule véritable info, elle est de Korat, s'appelle San et en avait marre du Soi 6. 22 ans, Jum me l'avait dit.

J'attends, je patiente et me délecte à l'observer fasciné par le sex appeal qu'elle dégage. Elle est à l'intérieur du comptoir qui est en forme de U, j'ai tout le loisir de mater.
Je fantasme sur la façon dont je vais la prendre, le panorama vallonné que la belle va m'offrir doit être grandiose. Avec mon piolet je suis prêt à gravir l'Aubisque et le Tourmalet. J'en oublie son visage. Si elle savait l'envie que j'ai de déguster sa meringue.
T'inquiète bonhomme, si elle vient du Soi 6, ce n'est pas une oie blanche, les cleps, elle connaît.

Pourvu que le blaireau ne la barfine pas. C'est sûr il part avec... Je me fais du mal !
Ce n'est pas mon jour.
Ce qui nous échappe renforce le désir.
J'attends encore 15... 20... 30 minutes. Un clébard qui attend son sussucre ! La chienne me laisse minable comme un cleps à qui on aurait volé son os.

Délivrance ! Le blaireau se lève et s'en va. Bouddha et St Yaya sont avec moi. Je passerai au Temple demain glisser une enveloppe et remercier.

Yum lui parle à l'oreille, elle revient vers moi. Je lui offre un LD et lui demande de passer de l'autre coté du comptoir. Elle se met debout contre moi en se glissant entre mes jambes.
Je la taquine.
- tu sais demande à Yum, je suis aveugle et les aveugles ne voient qu'avec le bout de leurs doigts.
Eclats de rires. Mes mains font l'état des lieux. Important avant le nouveau bail ma belle.
Je prends tout le temps de l'exploration. La peau est douce, satinée, blanche. Pas une peau de repiqueuse de riz ou alors elle n'a pas dû traîner longtemps dans les rizières. Le corps est ferme. Je laisse mes mains traîner, épouser ses formes. Je me sens durcir, prêt à aller chez moi pour enflammer sa pinède.
- Pai dué ?
- Ti nai ?
- condo .
- Pa
.
Je règle la bill, son LD et ceux de Yum, le barfine et c'est parti.

Je ne déparque pas. Trop loin. On remonte le Soi Diamond prendre un motosai devant le Byblos et le seven. C'est plus rapide. Trois sur la moto, sans casques. Trois minutes maxi.

Soi Diamond est un village. Je remonte le Soi, avec une tonne de TNT sur talons aiguilles qui marche à coté de moi. Je croise la superbe An qui sort du Heaven. On se croise en échangeant un Sawadee complice. Elle avec son trophée, moi avec le mien.
Arrêt sur image.

An, la première fois que je l'ai vue c'était au Heaven, Soi Diamond donc. Elle était entièrement nue. Mais c'est sa bouche pourtant qui avait particulièrement retenu mon attention. Une bouche à la Béatrice Dalle.
Puis j'ai découvert un port altier, une chute de reins une cambrure à nulle autre pareille et une masse de cheveux noirs qui tombaient en cascade. Avec elle, quand je l'avais fixée, ça avait mal commencé. Elle avait détourné son regard, comme si je venais de la surprendre en train de m'observer. Ce n'était qu'un jeu et du savoir faire. Une vraie pro.
Je m'étais plongé dans la contemplation de ce paradis , tout en dégustant le Mojito que my friend Kung la barmaid Tom Boy du Heaven m'avait particulièrement soigné, lorsque je me suis rendu compte que le paradis était assis à coté de moi et me parlait.

Mais je m'égare, revenons à San. Sur la moto, le vent nous fouette le visage. Elle est au milieu, sensation délicieuse, on respire.
Pour le reste... vous voudriez savoir ?

Dans le studio je m'amuse à la voir ranger méticuleusement ses affaires sur le canapé noir. Sa chemise rose impeccablement pliée. Son short ou plutôt le petit morceau de tissus qui cache à peine sa féminité insolente délicatement posé à coté. La montre, deux ou trois bracelets, les boucles d'oreilles soigneusement alignés sur les vêtements. Les gestes sont lents, presque décomposés. Une méticuleuse... A coup sûr une chieuse à vivre. Pas le genre à accepter de trouver un poil de cul dans la baignoire ou que tu pètes le matin.

Elle cherche la télé-commande de l'air con, je dis qu'elle est en panne. J'ai enlevé les piles. Elle accepte dans un rire que nous prenions la douche ensemble et ne semble pas avoir de problème avec sa nudité.
On se lave mutuellement et j'explore à nouveau ce continent inconnu dans ses moindres recoins.
Elle ne semble pas pressée, elle prend son temps. C'est bon signe ! Les gouttes d'eau glissent le long de ses formes telles des perles. Son visage est agréable, mais sous la lumière crue de la salle de bains impossible de tricher. Dans sa splendide nudité humide et savonneuse c'est mieux que ça, le corps de cette fille est vraiment explosif.
Bonne pioche ! Elle réussit avec succès son examen de passage. Mention très bien avec félicitations du jury. Ses mains s'enhardissent, descendent vers la vie. Elle saisit délicatement le pinceau que la nature et moi lui tendons.
Sur la toile blanche de la vie, elle commence à peindre notre nuit.

...



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