C'est beau une ville la nuit... (suite et fin)



Le récit qui suit, extrait du forum " Pattaya4.fr" aujourd'hui disparu, nous relate ici le séjour à Pattaya en juin 2012 de l'auteur, qui nous narre ses aventures dans le monde des bars et des filles avec tellement de poésie et de sensibilité, que c'en est un régal !




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...

Je me laisse glisser le long de son corps, presque à genoux devant cette statue. Accroupi, je pose son pied droit sur mon épaule gauche, ma bouche s'approche de sa divine source. Les lèvres sont gonflées, tendues, lisses tel un abricot charnu et bien mûr. Elle me tient la tête à deux mains.
J'accède au plaisir des Dieux.
Pour le reste... je remporte haut la main le premier set de préliminaires. Surtout n'allez pas croire que le match s'arrête là. Je passe enfin aux choses sérieuses.

Je me sens bien dur. Elle m'excite. Je me couvre et pénètre dans la cathédrale.

Notre père qui êtes aux cieux... Je plonge au coeur de la vie. Je la prends sans poésie, brut de coffrage. J'enfonce le clou, je la transperce. Elle est bien trempée. Le KY reste sur la table de nuit. Pas un cri, pas un soupir ne sortent de sa bouche sous l'assaut impétueux. Aucune réaction. Je la lamine, je la concasse. C'est bizarre le plan s'annonce foireux. Une passive loy percent.

Je la prends à l'angle du king size sur la tranche, l'arrondi diabolique de son cul, de ses fesses ressort encore plus. Les jambes bien rabattues sur la poitrine, pour l'ouvrir davantage, je tiens fermement la droite par le mollet pour une vue plongeante sur l'entrée ourlée de ses petites lèvres et de ses muqueuses que je vois aspirées vers l'intérieur et l'extérieur dans un roulement sous l'impact des va et vient.

Je suis sur le dos, et la mets en position Lao assise sur les talons. Je passe mes mains sous ses fesses paumes vers le haut. Elle est littéralement assise sur mes mains, je la dépose tel un bilboquet pour des aller retours sans fins. Moments divins.
Elle est maintenant recroquevillée en foetus et je cale mon pubis sous ses fesses. Seuls quelques "thieps" plaintifs sortent de sa bouche. Je diminue l'amplitude. Elle est toujours aussi passive. Ce n'est pas une vaginale. No problem Baby.

Son corps est ruisselant de sueur Je suis comme au bar fasciné par ses courbes et la finesse de sa taille. Je veux la voir s'empaler, s'auto sabrer. Elle s'ouvre, je fais maintenant ce que je veux. Sans une plainte elle engloutit tout. Je suis immobile dos en appui sur le montant incliné du lit. Par un mouvement des pouces, j'écarte au maximum ses fesses pour bien voir mon pieu labourer sa féminité. Je jouis du spectacle.
Je malaxe ses formes à pleines mains.
Mes mains et mes avant-bras seuls travaillent pour la soulever et la redéposer sur la colonne de chair. Je l'embroche, je ne l'ai pas prise une seule fois de face. J'en oublie son visage et ses seins.
La rosée perle le long de son sillon. Elle est trempée. Ses courbes m'affolent et son cul ressemble à l'aube du monde. Vision de paradis.

On arrive dans le money time.
Je la malaxe comme une pâte ! Les mains plaquées sur ses fesses, je la pétrie comme la glaise d'une future sculpture, et essaie sans précipitation d'introduire dans un geste qui se veut naturel mon pouce droit dans son sanctuaire. Je perds la notion des choses et me sens devenir animal. M'enfoncer, m'enfoncer encore pour un voyage au centre de la terre.
D'un geste vif, elle enlève ma main.
- Mai chop. Mai hao.
Raté! Je ne parviens pas à mes fins, gaspillage avec un cul aussi rond. Ca aurait été trop fun. Je me plaindrais à Jum, la nouvelle génération a du caractère.

Avec rage devant cet échec, j'accélère ses mouvements sur le mat. Je la recheville, je l'écartèle. Le socle laboure au plus profond de son ventre. Elle fatigue, moi aussi. Sa mauvaise volonté à rechanger de position, sa passivité m'agace, vexé de n'avoir obtenu aucun soupir de ce corps marmoréen.
Excusez moi, mademoiselle, je délire. Je sais : " y're working " et je ne suis qu'un customer. On a parfois de ces prétentions. Le plaisir parfois... la souffrance souvent.
Elle flotte comme l'étendard de la victoire sur le mat du bateau pirate, telle une prise de guerre. Prise de guerre ??? Pilleur de trésor, plutôt.

Je débâche et balle de match, la bête crache son venin. J'inflige à l'entrée du sanctuaire, qu'elle m'a si énergiquement refusé un yaourtage généreux. J'arrose bien le sillon pour voir la coulée blanche glisser telle une avalanche le long des deux trous suintants. La coulée goutte le long des replis cutanés de ses fesses généreuses. Elle inonde les plis et les reliefs de sa vulve.

Encore une fois pardon la vie. Mes ex futurs enfants rejoignent l'éternité.
- You fuck me long time.
Tiens elle parle. Long time, je n'avais pas ce sentiment mademoiselle. Je ne suis pas content de vous. Elle reste cinq minutes sur le ventre sans réaction et file sous la douche. Pas de prolongations.

L'après est toujours décevant. Quand c'est fini j'ai toujours l'impression que c'est moi qui me suis fait niquer. Bon point pour elle, elle n'a jamais cherché à simuler. Et puis tout cela a-t-il de l'importance?... Je suis déjà au plan d'après. Je la reprendrais deux ou trois fois encore. Peut-être se lâchera-t-elle plus, car même silencieuse c'est une sacrée encaisseuse. Et je passerai ensuite à autre chose. Nous n'étions pas fait pour vivre ensemble. Ici nos amours passent, vont, et reviennent.
Je la tip pour la course motosai et ne pas me faire traiter de Kiniao par Yum. On a ses élégances. Et je la plante dans la cour du condo.

Le X, ça creuse. J'ai faim. Comme je suis un fin gourmet, direction le Mac Do de Royal Garden. Je ne fais pas partie du Team KFC. Pas question de leur filer la moindre thune. En cours de route, j'opte finalement pour le plan B et m'arrête près du temple chez ma thaïe chinoise préférée.
- What you order mister
- Squid garlic, kao pad kung et une Singha.

Je n'aime pas le riz blanc. Je fais la grimace... une nouvelle fois mauvaise cuisson. Mais à quoi bon le lui redire. " I know " répondra-t-elle désabusée. La Singha et la bill me rendent le sourire. " Cheap, very cheap mister ".

Je file vers Second Road. Je suis une moto. Quatre corps en route vers le drame. Un enfant de six sept ans debout accroché et menton à hauteur du guidon. Le père collé à lui tenant les manettes. Le petit dernier niché entre le père et la mère semble dormir. Ils font demi tour sans prévenir et partent dans Second Road à contre sens. Je m'arrête. Mais où vont ils à une heure pareille ? Ils roulent sur plus de cent cinquante mètres pour s'engouffrer dans le Soi 15 qui rejoint Buakhaow. Complètement fou. Tout le monde sourit.

Pas de règles dans les rues, on vire, on traverse, on croise sans prévenir. Contourner? Tamai ? Ici on coupe ! C'est comme ça. Il faut s'y faire et jouer le jeu. Finalement, ça à l'air d'amuser tout le monde, farangs compris. Lourd tribut payé à l'insécurité routière, dévoreuse de vie. Pas de casques ou de si mauvaise qualité, pas de sécurité.
Fatalité. L'autre vie sera meilleure !

Je poursuis mon errance dans ce monde parallèle et me perds dans le rêve.
Je passe devant le Bodega plein comme d'habitude. Face au Lek, des silhouettes s'agitent devant le gogo de Tim... Suranné, une autre époque. J'envisage un moment d'aller prendre un verre au Red Point, Soi 6, mais cent cinquante mètres après Mike Shopping je change d'avis et tourne à gauche pour ressortir sur la Beach.
Je park à hauteur du Mike, plus loin à hauteur de Pizza Huts, ce sera galère.

Saturday. Travelling panorama, je scrute la Beach au ralenti. Il y a de la lolita ce soir et sûrement des filles de Bangkok. Des abricots avec leurs petits seins qui s'agitent. Les papillons sont là avant de s'envoler attirés par les lumières et les boîtes de Walking.
Sur la Beach pas de tirades. Le client se précipite pour vivre, la demoiselle se précipite pour survivre et remplir sa tirelire. Et elles sourient, sourire à l'injustice, pied de nez à la fatalité.
Dans ces pays quand la famille a faim, on la fait mieux manger pute que boniche.
C'est la faute à la vie, mister... la faute à la vie.
Elles s'offrent aux fantasmes sans se donner. On peut tout acheter, sauf les âmes des demoiselles. Normal.
Il m'est arrivé d'y trouver des perles mais le plus souvent des corps glacés. Très peu de sex machines. ST oblige. On en ressort frustré de ne pas pouvoir connaître ce qui est au delà des apparences.
L'insaisissable fait peur.
Des clones de San alors? En quelque sorte.

Devant Finding, mes Nynphettes favorites ne sont plus là. Leur banc est dessert. Le groupe des Geishas s'est évaporé. Som, Rinda, Bubai, Wan vivent, dorment, mangent et rient ensemble. Elles sont folles, folles de vie et croquent la vie et leur jeunesse sans calcul au Mixx, Isomnia ou LimaLima.
Telles des lionnes, carnassières elles m'ont souvent partagé. Chacune à leur tour. Sans jalousie, en me laissant des flashes, comme des messages de vie.

Je croise M et P. On échange quelques phrases toutes faites, des banalités. Ils chassent toujours en binôme, une bonne technique pour la rue. Les "marcheuses", thaïes se promènent rarement seules. Très peu pour moi, quand je Road je rode en solitaire.

Au passage deux ombres me sollicitent :
- You want somethings? Marijuana, coke ? Merci my friend, je me shoote au parfum de femme.

Pourquoi ne pas marcher jusqu'au parking de l'office du tourisme, à l'entrée de Walking coté mer. Histoire de dire bonsoir à Koob ma poupée miniature. Elle est là, la mutine. 21 ans. Femme enfant. Assise sur une moto comme d'habitude, elle attend. Elle espère un ou deux clients si possible, en ST, avant d'aller s'échouer ensuite sur le rives du Lucifer vers deux heures du matin, Lucifer où elle augmentera au passage ses tarifs. Marketing !

Attachante Koob, qui conserve pieusement la photo de son Sponsor Coréen dans son sac. Photo qu'en manque de confidences, elle m'a montré un jour... et embrassé tendrement... alors que je venais de terminer de lui faire subir l'équarrissage en règle de sa salle de jeu, complété généreusement par un massage facial hydratant mode Revitalift de l'Oréal parce qu'elle le vaut bien.

Koob, tout et le contraire de tout. Inconscience, insouciance, puérilité, sincérité ? C'est ce qui les rend attachantes. Les thaïes c'est comme ça ! Un pussy serré à faire peur. Tu as raison Koob de préférer les Coréens et les Japonais. Les Farangs ça fait mal, les Farangs ça déchire les pussy comme le tien.

Ce soir elle a les yeux fiévreux, une mauvaise toux la secoue. Je ne peux pas la laisser comme ça. A cinquante mètres, au " poulailler " les poules caquètent toujours autant. Le " poulailler " et sa surpopulation, pour yaya le meilleur indice de chattes accueillantes au m2.

Je passe rapidement à la pharmacie de Walking devant le Sylver Star et lui ramène deux tablettes d'Amoxicilline, deux cents bahts au plus. C'est comme ça que commencent les carrières de Sponsor... Antalai ! Six jours de traitement que vraisemblablement vu son rythme de vie elle oubliera de prendre. Mon coté O.N.G.

Je m'achète une conscience que je traîne telle un sac à dos invisible dans les ténèbres de ma nuit. Elle me fait un signe, un sourire. Latee sawat. Je la laisse à sa nuit.

Retour vers le Mike chercher la mob. C'est l'heure où tous les gamins vont aller se pieuter. Trop tôt pour dormir.

Voila pas mal de temps que je ne suis pas passé au Buakhaow Bar Beer. J'aime bien ce grand bar. Je me décide à aller y faire un tour. Si c'est mort, je prendrai sur la gauche à hauteur de Soi LK pour aller prendre un dernier verre au Papagayo, Soi Diana Inn. Ensuite Kap Ban et je rejoins morphée.

Dormir, une perspective qui n'éveille pas en moi un enthousiasme débordant. Si j'ai acquis une seule certitude en Thaïlande c'est que Dieu n'existe pas. J'ai la haine des coqs et des chiens. Dieu n'existe pas c'est sûr, car sinon aurait-il créé les coqs et les chiens pour chanter et aboyer jusqu'au petit matin et me rendre insomniaque.

Sur place, je jette un coup d'oeil et prends le pouls de la salle avant d'entrer. Il y a du monde au bar et sur les fauteuils de la grande terrasse où trône le snooker.
Des Anglais comme toujours avec leurs gueules d'ennuis. Je les dévisage un à un. Pas trop de viande saoule. Prévention vaut mieux qu'action... pas d'embrouilles avec des torchons imbibés.

Principale info, la chieuse, dite casse couille, dite prise de tête est absente. Bonne nouvelle.
Le boulet, c'est un cas. Je me prends chaque fois la tête avec elle. Une vieille de 29/30 ans, pas mamasan, mais qui abuse de son statut de Pi auprès des Nongs. Surtout au moment où tu parles argent. Tao lai est sa rengaine auprès des filles. Prend-t-elle un petit tip au passage si la négo a été bonne ? Possible.

Un joli sourire m'invite à venir près d'elle. Tactique, je ne m'assois pas très loin. Je n'ai plus l'âme d'un caniche. Quelques neurones que San a apaisés ont fait transhumance et sont remontés au cerveau. Il se fait tard mais je ne regrette pas d'être passé. Elle s'approche de moi avec des yeux doux qui promettent l'amour.
- Tamalai ?
Question stupide, mais je n'ai pas su faire plus intelligent.
- D'après toi, demande-t-elle ironique. I wait customer !
Elle parait très jeune. Vingt ans, dix huit ans à la limite. J'réssuscite, disait Serge. Je ne veux pas savoir.
Elle a des dents parfaites, des lèvres bien dessinées et charnues qu'elle laisse entrouvertes lorsqu'elle ne parle pas. Des cheveux qui tombent au bas des reins. Toi petite...

Raté, l'emmerdeuse était dans la remise cuisine derrière le bar. Elle me lance tout de suite un regard noir. OK, je veux bien faire un jour un effort avec toi ma vieille, te faire goûter mon Justin Bridou, mon bâton de berger, mais avec toi ce sera Free...
C'est donc pas demain la veille !

Le billard de la terrasse est occupé par trois demoiselles que j'entends rire et s'amuser. Insouciance au coeur de la nuit. Belle jeunesse ! Eclats de rires mais les yeux aux aguets, racolant toutes les proies qui passent. " Welcome Sexy man, come inside ".
Sont-elles de bonnes actrices ou sincères. Elles vivent là où le destin les a posées et rêvent d'un ailleurs que le hasard proposera parfois, ce sera alors Bingo... Qui peut savoir. Mais toujours vivre dans l'urgence. Penser à remplir la tirelire par la fente de leur mont de Venus. La seule richesse que leurs parents leur ont léguée. Le plaisir parfois la souffrance souvent.

One, two, games of billard avec ma Lolita (my english is perfect), ce qui me donne l'avantage de bien pouvoir l'observer et briser la glace. Ça me coûte deux LD tout de même. Attention je calcule, je passe en mode crevard.
Sans être une top, tout est bon chez elle. J'aime beaucoup sa petite jupe à volant qui cache à peine ses dessous. J'entrevois le bonheur. Elle joue un coup, presque couchée sur le snooker. Elle sait jouer de la fesse, sa petite croupe relevée en appui sur la table. Il y a du roulis sous son Tshirt. Je veux immortaliser ce moment de grâce et la filme avec le portable. Ce petit cul est magique. Casse couille intervient :
- Tu la filmes tu la payes, tu la baises, tu la payes aussi.
Toujours pour la paix des ménages cette tache.
- Si tu veux elle te suce, elle peut le faire derrière tu le sais ou chez toi, et tu filmes ta gueule entrain de jouir !
Tout ça dit avec le... sourire, une façon de foutre la merde particulièrement agaçante.

Mais le sourire dans ce pays, est on le sait, souvent un rictus, comme un bras d'honneur à la vie. Casse couilles, incorrigible romantique, toute en nuance, toute en poésie. Va falloir que je la "marie" avec un casse couilles du forum. Ils feraient un beau couple. (Sondage svp )

Je n'attends pas la fin du film. Elle va me pourrir le plan cette conne. Je me dis que je ne vais pas y passer la nuit.
Je prends un demi Kamagra en finissant mon verre.
Tel un Barbare, je rapine. Je barfine. Le corsaire emmène son butin.

Sur la mob, elle s'accroche à moi comme à une bouée. A cet instant de la nuit, j'ai l'impression d'être le roi du monde. Merci la vie.
Les pensées se bousculent, le séjour touche à sa fin. Je pourrais te ramener trois mois en France petite Lolita. Et puis ? En dehors de boum-boum, qu'aurions-nous à nous dire ? Mais au fond, n'est ce pas là l'essentiel ? Pour toi sûrement : passer l'éponge sur l'ardoise du cauchemar de ta réalité. Mais pense à moi. Moi en couple ! De quoi aurais-je l'air ? Une marionnette en train de faire ses derniers tours de piste !
Et après... Vous voudriez encore savoir... Mais au fond cela a-t-il de l'importance. Fin de nuit divine avec un papillon insaisissable et un rire à effrayer le bonheur.
Nuit en pointillés. Il est 7 heures.
A travers les baies vitrées je vois l'horizon s'embraser, le ciel prend feu. Sa Majesté se lève dans toute sa splendeur. Allez petite, il faut partir. La Reine me fait un waï, et la Reine s'en va. Un nouvel avenir effacé. " les grands voyageurs laissent aux coeurs des ardoises, vous donnent la migraine avec des récits captivants... à quatre pattes "- Bashung -

Les chiens ont cessés d'aboyer, les coqs se sont enfin décidés à fermer leur gueule.
Sea, Sex, and Sun. Je m'endors avec des images plein la tête.

Quelques temps après...
La porte du studio claque sèchement en se refermant derrière moi. Je passe à l'agence rendre les clés. L'efficace secrétaire est là, souriante.
- Bye bye. See you in November. Le taxi est à l'heure. Deuxième claquement sec, la portière de la voiture se referme.
C'est fini.
Le voyage au bout de l'ennui commence. Il faut reprendre la route de Suwarna comme toujours.
J'entends D me dire, pure provocation, que le retour fait partie du plaisir du voyage.
Le retour D, c'est une petite mort. C'est tout.

Pendant ces longues heures inutiles je griffonne. Des fragments, des bribes, des odeurs, des visages, des couleurs refont surface. Le petit carnet noir acheté à Friendship s'est noirçi pendant le vol et l'escale de Dubaï. Défiant l'apesanteur le grand goéland se pose. CDG !!!

L'attente au contrôle passeport, aux tapis bagages, tout me parait filmé en noir et blanc. Les couleurs sont restées là bas. Les retours sont titubants, tels les premiers pas hésitants d'un malade qui réapprend à marcher, réapprend à vivre. Une partie de vous reste là bas. Il faut du courage pour revenir, mais l'avion ne vous laisse pas le temps d'hésiter.

La tête appuyée contre la vitre du RER B, je vois défiler la banlieue. Sevran, Drancy, La Courneuve. Paysages infâmes, cages à poules des cités, vieux pavillons sordides alignés le long de la voie et plombés par la grisaille de cette matinée de fin Mars. Attention danger ! L'autisme, le blues, le spleen du retour. Tu n'auras qu'a fermer les yeux pour rebasculer dans la magie. Mais je suis celui qui ne veut pas voir, celui qui ne veut pas entendre.
- Alai na ? (qu'est qu'il y a )
- mai chob (je n'aime pas )
- Thing thing ? (c'est vraiment vrai )
- Thing thing loy percent. (c'est vrai à cent pour cent )
Soudain un rayon de soleil dans l'eau froide. La silhouette majestueuse du Stade de France écrase l'horizon.
12 Juillet 1998, un jour pour l'éternité.

Il me faudra du temps.
Il me faudra du temps pour réadopter mes voisins, redessiner mon quartier, réinventer ma ville. Laisser le temps faire son oeuvre. Ces retours vous noient en un éclair dans le quotidien, vous recrachent dans la routine.
La boite aux lettres vous dégueule dans le déjà-vu. Je repousse cette réalité comme si sa vue m'était insupportable.
Cette réalité qui vous jette de 33 degrés à l'ombre à 8 degrés sans soleil. La tristesse des gens vous agresse, vous perturbe.
Vous laissez les regards les rires, vous revenez les mains vides et des bleus à l'âme. Hanté par les frôlements d'ailes des papillons de la nuit.
C'est beau une ville la nuit...

- Pai nai ? Ce n'était qu'un tour de manège.
Il reste encore tant de pages blanches et grises à colorier, de visages à fixer, de sources claires où se désaltérer...
Parfum de Femmes...
On revient toujours.


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