Sur la route de Pattaya (suite et fin)



Ramon nous offre ici le récit de son second voyage, entre ses aventures de "butterfly" et Vi, sa régulière...




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Vendredi 13 juin 2008!

Moi qui ne suis pas superstitieux uniquement parce que ça porte malheur, je me demande si, au vu de la tournure que prennent les événements, je ne ferais pas mieux d'attendre le 14, cloîtré dans ma chambre devant les passionnants programmes de TV5 monde?…

16 heures. La fatigue commence à se faire sentir. Je pêche au sonar Soi 8. Un banc de petites morues attire mon attention dans un bar du haut de la rue. J'embarque Miew, une petite yin fort mignonne et fort mince. Les vingt centimètres de hauteur de son short m'effraient un peu à l'idée de traverser, en plein jour, la moitié de la ville au bras de ce petit cul si courtement vêtu. Elle me dit : " No problem ! It's Pattaya ". Je me laisse convaincre et débarque au Mercure sous l'oeil de plus en plus goguenard des vigiles.

Cela démarre par un body massage de très bonne facture suivi d'une des meilleures fellations qui soit. Je lui tends un préservatif. Elle tique. Alors seulement, je remarque qu'elle n'a toujours pas quitté son string…
Baisé ! Miew est un LB !…
Petit moment de grande solitude finalement vite passé. De toute façon, au point où j'en suis… Je l'ai laissé(e) finir son ouvrage. Au moins je saurais de quoi on parle sur ce forum… Vous noterez au passage l'abnégation et l'altruisme de l'auteur prêt à tous les sacrifices dans sa quête d'informations…

J'ai fini la soirée avec Pink Lady…

Pays : Je t'aime moi non plus…


Samedi

Je prends mon petit déjeuner au milieu de coréens qui s'empiffre avant de reprendre leur bus. Un regard émerge de cette beauffrerie, celui de Pim. Pim est une petite serveuse du restaurant de l'hôtel. Son sourire égaye mes petits matins, parfois mes déjeuner. Elle parle quelques mots de français ce qui ne fait qu'ajouter à son charme. " Bonjour, comment allez vous ?… " " Merci beaucoup monsieur… "
Sage jupe de coton gris, juste au dessus du genou… Petit tablier couleur vin de Bordeaux… Je la trouve très sexy dans son stricte uniforme de serveuse mais je n'ai pas envie de savoir si elle arrondit ses fins de mois. Je veux garder ce sourire de Thaïlande intact dans ma mémoire. Une putain n'a pas d'âge. Avec une putain je n'ai plus d'âge. Pim a 20 ans, j'en ai 50...

Le souvenir de Vi m'obsède toujours. De la savoir à seulement quelques centaines de mètres de moi n'arrange rien. J'aurais mille fois préféré que notre relation cessât alors que j'étais à 10.000 kilomètres d'elle. Je lutte pour ne pas succomber à la tentation de l'appeler. Je vais de ST en LT pour essayer de l'oublier, pour tenter de la remplacer, sans doute aussi. Mais rien n'y fait. J'ai l'impression que tout mon corps secrète des phéromones négatives qui sont autant de messages de non liberté à l'intention de mes nouvelles rencontres.

15 heures.
Le téléphone sonne. Décidemment je n'arriverais jamais à faire une sieste au cours de ce voyage. Vi est de retour. Mademoiselle a ses ragnagnas mais, ne soyons pas suspicieux, et ne disons pas que c'est l'unique raison de son come back. Évidemment elle me reparle pognon au bout de trois minutes. Cette fois, elle me marque noir sur blanc ses prétentions financières. Ce n'est pas exorbitant mais je reste réfractaire au principe. Elle ne serait pas la première femme que j'entretiendrais plus ou moins mais, de là à lui verser un " salaire " comme on paye une femme de ménage le premier de chaque mois, il y a une marge que je ne suis pas disposé à franchir et ce ne sont pas ses incessants allers et venues qui risquent de me faire changer d'avis…
D'un autre coté, je n'ai pas envie de la voir encore repartir. Je ferais bien une pose dans mon délire pattayen. Je botte en touche. Je lui dis que je vais y réfléchir… Elle s'endort dans mes bras. Tu étais où la nuit dernière mon " intime étrangère ". Manifestement tu n'as pas du dormir beaucoup…

Le soir tombe sur Pattaya. Les lumières de la piscine s'allument. C'est sans doute le moment de la journée que je préfère ici. J'ai laissée Vi dormir et je sirote seul un whisky sur le balcon de ma chambre. J'entends l'eau de la douche qui coule. Elle vient de se réveiller. Vi vient s'asseoir à califourchon sur mon bas ventre. J'ignore si les sentiments que j'ai pour elle s'apparente à de l'amour mais, ce qui est sûr, c'est que cette fille me fait bander grave.
- I can not boum boum Darling !…
- I don't like you only for boum boum !…
Je ne sais si mon nez s'est allongé mais ma langue a trouvé le creux de son oreille - je connais ses points faibles - et, ragnagnas ou pas, trente secondes plus tard, les résidents du Pattaya Bay Resort voisin ont eut droit, en cette fin d'après-midi, à un nouveau show érotique. Un de plus à Puttaya !…

20 heures.
Dîner dans le restaurant japonais qui a donné son nom à la soi Yamato (à moins que ce ne soit l'inverse ) Jeux de pieds nus, sous la table, dans l'intimité de l'alcôve… L'autre avantage, c'est qu'en sortant, on n'a qu'un pas à faire pour dire bonsoir aux potes du 131. Ce soir Alain est en galante compagnie d'une yin dont l'affectuosité est inversement proportionnelle à la taille…


Dimanche

Séance cinéma dans le complexe flambant neuf du Villa Market. Décor rococo genre années folles. Bah ! Les années folles ça siéd bien à Puttaya… Prévoir un pantalon et une petite laine. Ici, ils ont la main lourde sur la clim.

Après d'interminables pages de pub nous avons droit à la vidéo de l'hymne national qui précède toute projection de film au royaume de Siam. Tout le monde debout ! On y voit le pays et surtout son souverain sous ses meilleures facettes. En bas de l'écran, l'hymne est sous-titré en thaï mais, ce que j'ai pris pour être le dernier vers, est aussi en anglais : " We love our King ". Des fois que le touriste Lambda en vienne à douter… Question déclaration d'amour aussi, on n'est jamais aussi bien servi que par soi même…

Je ne suis pas un spécialiste de politique intérieure thaïlandaise, pays qui n'est pas réputé pour être une dictature, encore que, le premier ministre élu n'a remplacé la junte au pouvoir que depuis peu, mais, les nations qui affichent la bobine de leur dirigeant partout - ici c'est des pièces de monnaies aux immeubles de Bangkok en passant par l'arche de la WS - me laissent toujours dubitatif… Les autres exemples de culture ostentatoire du portrait du chef qui me viennent à l'esprit on pour nom Staline, Mao ou, plus près de nous, Saddam Hussein…

Question resto, je suis un peu à court d'idée. J'ai demandé à Vi où elle voulait dîner ce soir, elle m'a répondu :
- On the boat
Décidemment!…J'en conclus que, si vous voulez faire plaisir à une yin d'un point de vue culinaire, il faut l'emmener dîner sur l'Oriental Star. Remarquez !… En parcourant le wharf dans le touk-touk version Harley Davisson, fendant une foule de chinois qui reviennent d'on ne sait où, on se prendrait presque pour une movie star au festival de Cannes et, avec un peu d'imagination, le vieux speed boat qui vous transporte sur le restaurant flottant devient l'annexe de votre yacht privé… Spectacle de music hall donné par des danseurs sans doute venus d'un quelconque pays de l'est. Mais, peu importe s'il s'agit de recalés du Bolchoï, la magie opère…

A la fin du dîner, pêche de petits calmars au lamparo depuis le flanc du vieux sampan qui, jadis, si j'en crois l'inscription encore déchiffrable sur la coque rouillée, devait naviguer dans les eaux de Hong-Kong. Pêche au calmar avec une morue. Partie de rigolade assurée. Sempiternels derniers drinks à l'Angel Witch. Sourires complices des serveuses, amusées de mes différentes compagnes quand je ne viens pas seul, taper dans le staff des girls. Ici, comme partout ailleurs dans Pattaya, quand on a le billet facile, on fait vite partie des VIP. Illusions pattayennes !… Qu'importe ! Je passe une bonne soirée. Vi a retrouvé son sourire. Serais-tu en train de redevenir celle qui me plaisait tant ?…Séance boum boum pour conclure une très agréable journée. Hum ! Question sexe, les trois mois d'expérience pattayenne lui ont fait du bien à la petite…


Lundi

Une yin ça boit, ça baise et ça dort. Ce matin Vi dort. Je descends au breakfast avant que le buffet ne ferme, je remonte, elle dort encore. J'écris quelques lignes, elle dort toujours. En attendant le jour où la yin s'éveillera, je vais seul à la piscine… Une heure plus tard, elle me rejoint, maquillée comme si elle allait aux asperges sur beach road ou au Royal Garden Plazza.
- I am tired ! I would like to go to sleep in my room…
C'est sûr qu'on se repose mieux sur une paillasse dans un taudis sans clim que dans un lit queen size… Mais bon ! Je comprends que cette petite de 24 ans doit un peu s'emmerder avec moi…
- Do you comme back today ?…
- Yes ! I'll come back at 4 O'clock…

7 heures du soir.
Je l'attends toujours, sirotant le whisky du mini bar. La messagerie de son téléphone me délivre un message en thaï auquel, évidemment, je ne pipe rien. Je me fais un sang d'encre pour cette petite. A mon age on devient forcément un peu paternaliste. Il ne fait aucun doute que toutes ces semaines passées à travailler dans un bar l'on rendue dépendante à l'alcool. Je dis ça alors que je viens de finir le label rouge… Bien qu'elle n'y travaille plus, je file au FLB en quête de nouvelles.

Som, sa colocataire est là. Je serais presque heureux de la voir.
- I didn't seen Vi from two days ago !…
Normal, elle était avec moi. Mais, cet après-midi non plus ?…
- No ! I don't know where she is….
Je luis paye un verre et on discute un peu…
- Qu'est-ce qu'elle veut exactement Vi ?…
- Money ! Same me… , toujours ce petit sourire narquois au coin des lèvres.
Certes ! Ça j'avais bien compris… J'ai un nouveau proverbe : " la vérité sort de la bouche d'une Yin ".

Bon ! Mais j'en fais quoi de ses strings, de sa brosse à dents et surtout de sa carte d'identité qui est toujours dans mon portefeuille depuis hier soir ?… Je me demande d'ailleurs comment elle fait pour tapiner sans son ID. J'en conclus qu'elle doit avoir un autre farang qui s'occupe d'elle dans un quelconque condo. Je ne suis pas jaloux. Son statut de putain n'a jamais été un problème pour moi. Je comprends que quand on a son cul comme fond de commerce et sa jeunesse comme stock, il faille faire vite pour gagner du pognon… Mais, de la même manière qu'on arrivera jamais à faire dire à un dirigeant chinois que son pays ne respecte pas les droits de l'homme, une yin de Pattaya ne vous avouera jamais que c'est une pute. Ce sacro-saint "ne pas perdre la face" des asiatiques …

Je retourne à l'hôtel au cas où… J'y trouve la miss est en train de discuter tranquillement avec le portier.
- Sorry Darling ! I was with my friend Som…
Annulez le proverbe sus cité !

Tout le monde à le droit de mentir mais personne n'a le droit de se faire prendre. Tu vas encore pouvoir me raconter ton histoire de dettes après ça…

Selon le bon mot d'un forumeur, " Une yin c'est peut-être fait pour vider les couilles, c'est sûrement pas fait pour les casser ". Vi, tu me casses les pieds mais tu ne me briseras pas le cœur…

22 heures.
Une pluie de girls qui glissent sur les barres arrose la piste de L'Angel Witch. Cette nuit là, j'ai emmené la N°2, Mam. Une petite yin sauvage qui ne parlait pas un mot d'anglais. C'était parfais ! J'avais nullement envie de parler et surtout pas anglais. Au resto, ses mimiques caricaturant un groupe d'excités qui jacassait à une table voisine m'ont fait rire. Elle n'a pris de douche ni avant, ni après. Encore un mythe qui prend du plomb dans l'aile…


Mardi

Le Mercure est envahi de chinois. Si vous cherchiez qui étaient les touristes les plus pénibles ne cherchez plus ! Les chinois sont forcément les plus pénibles car ils sont les plus nombreux. Ceux qui n'aimaient pas les noirs et les arabes vont détester les chinois…

14 heures.
Retour de Vi. Je ne cherche plus à comprendre. Ni pourquoi elle revient, ni pourquoi je lui ouvre ma porte… Boum boum !

16 heures.
Départ de Vi. Cette fois dans la douceur avec promesse de s'appeler plus tard. Je ne cherche plus à comprendre. Ni pourquoi elle part, ni pourquoi je la laisse partir…

19 heures.
Il pleut des cordes. Je déguste un cocktail au bar de l'hôtel. J'ai encore la chance d'être coincé dans un endroit sympa. A moins qu'il n'y est que des endroits sympas à Pattaya…

Je rejoins le 131 sous les dernières gouttes de pluie. Je suis le premier client. Pour un bistrotier, le mieux c'est que le bar soit plein quand débute l'averse. La nouvelle et sympathique caissière embauchée cette semaine est à son poste. Mos a rejoint les trois autres filles de l'autre coté du bar. Dans les autres bars que je fréquente sur Pattaya, le casting est clairement établi. D'un coté il y a les serveuses et de l'autre les hôtesses. Ici les rôles semblent moins tranchés. Quatre serveuses et une caissière, ça fait riche pour un si petit bar mais si vous offrez un LD à une fille, elle ne va pas forcément le siroter à vos côtés dans un rôle d'hôtesse.

Mos est une assez jolie fille avec un soupçon d'air européen qui fait son charme au pays des yeux bridés. Je lui ai payé un verre. Entre ses incessants allers et venues, j'ai réussi à échanger quelques mots avec elle. Elle m'a demandé ce que je voulais et comme je ne vais pas au bordel pour compter fleurette je lui ai dit : " Boum boum with you ! ". Elle m'a répondu " Ok " mais après 23 heures.

Les femmes qui discutent, c'est chiant, les putes qui discutent c'est pas bon signe. C'est " oui " ou " non " (on ne force personne) mais ce n'est pas " peut-être " ou " plus tard". Le BF c'est pour emporter tout de suite, pas pour revenir le chercher trois heures après dans une pochette surprise…

A part ça, le 131 reste un endroit sympa ou l'on croise quelques membres du forum et où l'on peut discuter dans sa langue maternelle. Ça repose !… Lolo vous servira une honnête cuisine de bistrot le jour où vous en aurez assez de manger de la langouste sur WS. Pour les amateurs, vue imprenable depuis la terrasse sur la Bambaa bar…

J'appelle la Yin. Elle est drunk. Encore!… Je passe sur off. Bonne nuit.

Pays : Mercredi.
Le VRP en déplacement à Puttaya, prend son petit déjeuner en compagnie de son ordinateur portable. Ce signe distinctif lui évitera l'outrageante calomnie d'être confondu avec un touriste sexuel.

Vi s'est excusée. Hier soir elle a un peu trop arrosé l'anniversaire de Som. Pas étonnant que les Thaïlandais soient en l'an 2551, ici on fête les anniversaires 4 fois par an… Je ne lui en veux pas. Elle n'est pas responsable. C'est le système qui l'a changée. Je m'en veux de l'avoir laissée aux mains de Pattaya en mars dernier mais on ne sauve personne de quoi que ce soit en venant ici. Les yins qui débarquent de leur Issan natal ou d'ailleurs, sont adorables mais combien de temps s'écoule avant qu'elles deviennent vénales et rongée par l'alcool ?…

Au fil des jours, faute d'autre chose, je me satisfais de mes relations épisodiques avec Vi. Elle est devenu le fil rouge de mon séjour. Nous trouvons peu à peu une sorte d'équilibre. Elle n'a pas sur le dos en permanence un type de 50 piges avec qui elle s'ennuie forcément un peu. Je ne lui cache pas mes aventures puttayennes. Je lui raconte. Elle ne fait pas partie des jalouses. Elle en rit ! De son coté, elle nie avoir d'autres relations. Je ne la crois pas. Je ne cherche pas à voir de l'autre coté du mur. C'est aussi pour cela qu'elle me plait. Un pote m'avait dit un jour que j'avais une tête de maquereau. Je n'en suis pas là. Je ne relève pas encore le compteur…

Après dîner, à sa demande, nous sommes allés nous faire masser dans un salon à l'angle de 2nd road et de soi 15. Je m'attendais à un foot massage, confortablement installé dans un fauteuil derrière la vitrine du rez-de-chaussée, mais non, Vi a demandé en thaï deux oïl massages intégral et je me suis retrouvé à l'étage, à poil, dans une alcôve quelque peu glauque. Vi était dans celle d'à coté, séparée de la mienne par un simple rideau. Bien sûr, au bout d'un quart d'heure, ma masseuse a délaissé mes pauvres épaules endolories pour ne s'occuper que de ma raie des fesses et de la texture de mes testicules. Popol, en bon soldat, a présenté les armes. Nous étions le 18 juin, sans doute attendait-il la lecture de l'appel du Général…

Moment surréaliste. Moi en train de me faire branler par des mains expertes mais étrangères et ma yin, à moins de deux mètres, n'ignorant rien de la chose. Il n'y a que Pattaya pour vivre ça. Je me suis demandé si, elle aussi, avait eu droit à un quelconque plaisir lesbien, mais apparemment non. Elle n'avait pas d'argent sur elle et sa masseuse ne m'a pas réclamé de supplément. Je suis sorti de là comme le pénitent sort du confessionnal, gardant les péchés que je venais d'avouer pour moi. Quelques instants plus tard, dans la chambre, j'ai eu droit à un ironique ;
- Do you want boum boum now ?…
Je lui ai donc mis ce qu'elle méritait, même si, épuisé, j'ai dû simuler à mon tour un orgasme imaginaire. Le condom n'a pas que des mauvais cotés…

Pays : Comme une éclipse à l'envers, cinq minutes de soleil sur la terre…


Jeudi

Ce matin Vi s'en est allée prier Bouddha. La yin pattayenne pratique un bouddhisme galvaudé dont elle trouve le principal intérêt dans la lecture d'une sorte d'horoscope qu'elle obtient en échange de quelques bahts. Nous autres occidentaux, nous prenons connaissance de notre futur proche en écoutant notre radio préférée ou en lisant notre journal du matin. Pour ce faire, la thaïlandaise elle, doit se rendre au temple. Curieux paradoxe que de s'envoyer en l'air trois fois par jour, de vouer une passion exacerbée pour le billet de 1000 bahts et, dans le même temps, d'idolâtrer un type qui prônait l'accession au Nirvana par le renoncement aux désirs matériels et charnels…

Vi m'a proposé de dîner avec une de ses copines et son farang. Pas envie ! Tant que je la paye, j'entends pouvoir choisir mes soirées. J'ai décliné l'invitation. Vi n'a pas compris. Elle a pris ses affaires et est partie. J'ai mangé seul, une fois n'est pas coutume, dans un restaurant italien de la WS. Après dîner, je zone dans Soi Diamond...

Je finis par rentrer au Carrousel, un gogo quelconque qui présente comme seul intérêt d'avoir une piste tournante. Le gogo est du reste plutôt déserté par les touristes. Cet écrin banal abrite cependant une perle d'une grande beauté, Nun. Je suis quelqu'un d'introverti, du genre à faire un signe discret à la Mamasan. Quand j'ai vu Nun, j'ai traversé la salle d'autorité. A ce moment, je crois que j'aurais assommé quiconque aurait voulu l'embarquer à ma place. Nun est grande et fine. D'aucun la trouverait maigre mais elle a tout ce qu'il faut là où il faut. Elle ne se maquille pas comme un katoey volé. Un soupçon de rouge à lèvre et son visage s'illumine. Nun ne porte pas de soutien-gorges outrageusement rembourrés. Ses seins sont de petites poires magnifiques. Un petit cul de lapin surmonte des jambes infinies. Nul besoin de dix centimètre de talon.

Une réserve pudique en public qui s'envole dans l'intimité de la chambre. Ceux qui pensent qu'il n'y a que les moches pour être de bons coups peuvent ranger leurs idées reçues. Nun sait tout faire et tout faire bien. On a envie de tout lui faire…

L'espace de trois jours, Nun m'a fait aimer à nouveau Pattaya. Durant ces trois jours je n'ai pas eu de nouvelle de Vi. Durant trois jours je n'ai pas cherché à en avoir…

Les étoiles sont chaque jour plus nombreuses au confins de galaxies dont le nombre n'aura de limite que celle de notre imagination. Notre imagination est infinie, l'univers est infini, les yins sont infinies. Est-ce parce qu'elles sont singulières qu'il convient de les accorder au pluriel ?…

Le sourire de Nun n'a pas effacé celui de Vi. Nul ne pourra effacer le sourire de Vi. Nun n'a pas remplacé Vi. Nun est partie quand Vi est revenue.

Nun n'a pas compris. Elle ne voulait pas partir. Pardonne-moi Nun mais je n'ai pas pu t'expliquer ce que moi-même je ne comprenais pas. Nun a dit :
- Ok, I go !… Good luck !…


Lundi

Vi revient la veille de mon départ. Elle débarque dans une robe printanière. Tissu à fines rayures et épaules de dentelle blanche. Ma mère devait porter la même à la libération. La putain de Pattaya joue les filles de bonne famille. Une sage petite culotte a même remplacé le string ficelle. Mademoiselle a le souci du détail. Je ne l'ai pas vue depuis trois jours mais, demain, elle veut m'accompagner à l'aéroport comme si nous venions de passer trois semaines en amoureux. Suvarnabhumi doit être statistiquement l'endroit où une yin fait son plus gros chiffre d'affaire. Le soir on passe au 131 pour la tournée d'adieux. C'est le premier lundi où le bar est ouvert et je n'ai pas envoyé de carton d'invitation. Il n'y a que les filles rejointes un peu plus tard par Laurent. Devant l'accoutrement de ma belle, Lolo me demande si je viens de lui demander sa main. Quelle drôle d'idée ? Pourquoi faudrait-il lui demander la main d'une fille dont nul n'a besoin d'autorisation pour prendre le cul ?…
Lolo est un grand romantique.

Une fois les formalités de départ accomplies au 131, nous nous promenons avec Vi sur Beach Road en nous tenant par la taille comme " au bon vieux temps ". Elle marche en me tenant fortement serré contre sa hanche. Les femmes avec qui l'on marche bien sont comme les danseuses avec qui on accorde bien les pas : Rares !… Son corps m'est familier comme si je l'avais toujours connu. Je n'ai ressenti cela avec aucune autre yin…


Mardi

L'heure de refaire sa valise.
Vi m'a accompagné à l'aéroport. Je lui ai donné les billets qu'il me restait.
Tout travail mérite salaire…
Rangez les transats et pliez les parasols
Éteignez les néons et coupez les sonos
Fermez l'Angel Witch, le Happy, le Babydolls
Fermez tous les bars et fermez tous les gogos
Ni regrets, ni remords, juste prendre l'avion
Rendez la Walking Street à la circulation

Deux jours après mon retour j'ai reçu un mail. Vi serait retournée à Nong Khaï dans la ferme familiale…




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